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Séance de kinésiologie : 🌱 l’histoire de Madame F. et de sa fille

Dernière mise à jour : 15 mai

🌱Mes débuts comme kinésiologue à Paris



Il y a bientôt dix ans, à mes débuts dans mon cabinet de kinésiologie, au 21 rue Véron, à Paris 18, j’ai reçu Madame F. accompagnée de sa fille de 2 ans.


Comme à mon habitude, j’ai posé ma question d’accueil :« Qu’est-ce qui vous amène ? »


Madame F. m’explique alors que la séance est pour sa fille, une petite fille très désirée, née après un long parcours de Procréation Médicalement Assistée (PMA).

Son inquiétude ? Sa fille refuse toute séparation. Impossible de la confier à quelqu’un, même à son père. La moindre distance provoquait des cris, des pleurs, un attachement presque fusionnel.


Ce chemin, long et éprouvant, a laissé chez Madame F. des traces invisibles : stress, angoisses, et parfois une peur inconsciente de perdre cet enfant tant attendu. Je ne le savais pas encore mais j’accompagnerai bientôt de nombreuses femmes dans ce parcours parfois long, douloureux où se mêlent espoir, déception, tristesse, colère, rage, joie infinie…


Séance de kinésiologie interrompue par une enfant.



À l’intérieur, je m’interrogeais : comment pourrais-je aider cette femme et son enfant ?J’invite alors Madame F. et sa fille à s’installer sur la table de soins.


Mais la séance n’a jamais pu démarrer.

Chaque fois que je posais ma main sur celle de sa maman pour réaliser un test musculaire, la petite fille me fixait en hurlant. Elle attrapait mon poignet et repoussait littéralement ma main, comme si elle protégeait sa mère.


Je refusai d’insister, je ne pouvais pas m’approcher. Je ne souhaitais pas m’attirer les foudres d’une petite fille et générer chez elle colère et pleurs.


C’était frappant : cette enfant semblait protéger sa maman de toutes ses forces, comme si elle avait déjà conscience que quelque chose, en elle, avait besoin d’être gardé.

La maman semblait tout aussi surprise que moi, comme si elle percevait ce qui était en train de se produire. D’un simple regard, nous nous étions compris.


À 2 ans seulement, comment pouvait-elle sentir cela?

Peut-être que les enfants perçoivent bien plus de choses que nous l’imaginons. Leur sensibilité, leur connexion instinctive à leurs parents, les rendent incroyablement réceptifs aux émotions.



Kinésiologie parent-enfant : quand le travail se fait sur la maman.



Face à l’impossibilité d’avancer, je proposai à Madame F. de reporter la séance, en lui suggérant de revenir seule, sans sa fille.


C’était une décision délicate. Je savais qu’il y avait quelque chose à travailler, mais je ne pouvais pas forcer le processus.


La kinésiologie n’est pas une approche de contrainte : c’est un chemin qui se fait dans le respect de la personne, et de son entourage.

Elle accepte. Nous reprenons rendez-vous.


Quelques jours plus tard, Madame F. revient seule à mon cabinet. Je peux alors commencer à nouveau la séance de kinésiologie.



Le test musculaire en kinésiologie : à la rencontre d’une mémoire ancienne



En kinésiologie, le test musculaire est un outil simple mais subtil.

Concrètement, il s’agit d’appliquer une légère pression sur un muscle pour observer sa réaction :


·       soit le muscle résiste,

·       soit il se relâche.


Derrière ce relâchement se cache une information.

Le corps exprime un stress, une mémoire, parfois très ancienne.

La subtilité du travail réside dans la détection de ces micro-variations.

Chez certaines personnes, elles sont claires et évidentes. Chez d’autres, elles sont fines, presque imperceptibles. La sensibilité nécessaire à la perception de ce langage corporel demande beaucoup de temps et de pratique, un peu comme l’apprentissage d’une langue.

Au début on est hésitant, on réfléchit beaucoup, et puis comme tout apprentissage, le langage s’intègre et devient spontané.


Le kinésiologue développe progressivement une écoute profonde des mots du corps.

Dans le cas de Madame F., le test musculaire est limpide : son corps exprime un âge précis, 17 ans.

Il s'agit-là d'une réponse musculaire à une question que je pose au corps.



La libération émotionnelle en kinésiologie


 

Je lui demande alors ce que représente pour elle l’âge de 17 ans.


Silence… puis des larmes.


Elle refuse d’en dire davantage : l’émotion est trop forte, trop intime. C’est un souvenir qu’elle ne souhaite pas partager.


Ce n’est pas un problème. En kinésiologie, il n’est pas toujours nécessaire de parler. L’essentiel est que la personne se reconnecte à cette mémoire. Le corps, lui, sait exactement ce qui est en train de remonter. Et cela suffit pour amorcer la libération émotionnelle.


Je ne me souviens plus aujourd’hui de la technique exacte utilisée ce jour-là. Était-ce une libération par les points de pression ? Par une libération de stress émotionnel spécifique? Peu importe.


Ce qui compte, c’est que quelque chose s’est relâché.


En kinésiologie, il n’existe pas de recette universelle. Chaque séance est unique, car chaque personne l’est aussi. On ne suit pas un protocole figé. C’est le corps, à travers le test musculaire, qui guide le chemin.


À la fin de la séance, Madame F. se sentait « bizarre », sans pouvoir mettre de mots dessus.

C’est une réaction fréquente. Après une libération, le corps a besoin de temps pour intégrer le travail. C’est pourquoi je n’insiste pas avec de longs débriefings : le processus est déjà en marche, il est précieux, il doit se poursuivre sans interruption.





Un an plus tard : un changement inattendu



Je n’ai plus revu Madame F. après cette séance. J’ai de temps à autres une pensée pour elle et sa fille, et cette séance mystérieuse.


Un an plus tard, une nouvelle personne se présente, envoyée par… Madame F. Elle me donne alors de ses nouvelles.

·       Sa fille a enfin accepté les bras de son père. Elle ne ressent plus ce besoin de protéger sa maman en permanence.

·       Et, cerise sur le gâteau : Madame F. est tombée enceinte naturellement, sans recours à la PMA.


Est-ce un hasard ?

Est-ce lié directement à la séance ?


Je ne le saurai jamais. Mais il est certain qu’un changement profond s’était opéré.



Conclusion : chaque séance de kinésiologie est unique



Cette expérience m’a marqué. Elle illustre à quel point :


·       Le test musculaire peut révéler des mémoires enfouies.

·       La kinésiologie permet d’accompagner des libérations émotionnelles profondes.

·       Chaque personne, chaque histoire, chaque séance est unique.


La rencontre avec Madame F. m’a rappelé l’essentiel : le corps garde la mémoire des traumatismes et des émotions, parfois très anciennes et, lorsqu’on l’écoute avec respect, il ouvre la voie à une transformation intérieure.


Je garde en mémoire Madame F., sa fille, et cette belle évolution vers une famille apaisée et épanouie.

 

 

 
 

Christophe Siksik est un kinésiologue certifié depuis 2018. Pionnier de cette pratique et formateur en kinésiologie, il exerce dans ses cabinets de Paris et Saint-Malo. Il est recommandé par 100% de ses consultants, réputé pour sa bienveillance, sa douceur et son écoute.

Noté 5 sur 5

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